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Écrit par Jules Dumas Nguebou   

158 Propositions Citoyennes pour changer et démocratiser le Cameroun

A la veille des prochaines consultations électorales de 2011, et au moment où les discours sur les initiatives de développement économique sont de plus en plus officiels, pour aider à la construction d’une citoyenneté camerounaise, peser dans les débats, la Plateforme DESC Cameroun, ASSOAL (Actions solidaires de soutien aux organisations et d’appui aux libertés), le RNHC (Réseau national des habitants du Cameroun), l’Alliance Camerounaise de la finance locale et du Budget Participatif (AC-BP-FL) et l’ONCPE (Observatoire national citoyen des promesses électorales) élaborent en ce moment son cahier des propositions pour le changement et la démocratie au Cameroun.

 Comment et par qui les propositions sont-elles en train d’être élaborées?

Ces propositions sont en train d’être élaborées sur la base des suggestions collectées dans le cadre des comités locaux, urbains et nationaux de concertation du Réseau National des Habitants du Cameroun, des comités d’animation du Réseau DRD, des Universités itinérantes citoyennes, des forums et des missions de capitalisation qui ont précédé en particulier la campagne électorale 2007, et les débats préparatoires aux prochaines consultations électorales au Cameroun. Des animateurs des réseaux urbains et nationaux du RNHC et des militants locaux se sont ainsi mobilisés depuis 10 ans et ont débattu les présentes propositions.

 Quels sont les objectifs des propositions citoyennes?

-       Fournir un outil de débat et de suivi des mandats électoraux aux groupes locaux: citoyens, militants associatifs et politiques, élus.

-       Permettre aux élus de prendre en compte les propositions concrètes et donner aux citoyens les moyens de juger de la qualité des actions qui découlent des promesses qui leur ont été faites. Ces propositions peuvent servir d'outil de négociation pour les acteurs locaux.

-       Mutualiser toutes les réflexions issues des rencontres et lancer ensemble une plate-forme citoyenne de proposition en 2007 fondée sur la parole des habitants du Cameroun.

 

Principes pour changer le Cameroun et promouvoir la démocratie

 

Premier principe : le suivi-évaluation participatif des politiques publiques

 

La citoyenneté, pour être active, doit se confronter au réel et s'exercer dans le temps. C'est à ce niveau que se retrouvent généralement les dispositifs dits de participation. Construire des partenariats afin de soutenir le lien politique et réduire les exclusions suppose des dispositifs démocratiques et des dynamiques d'acteurs sans les quels le soufflé participatif retombe presque inéluctablement.

Comment imaginer de tels processus dans le cadre de la politique de réduction de la pauvreté, des inégalités et de la démocratie locale? L'évaluation des programmes ou l’évaluation participative qui est démocratique et pluraliste est un des leviers d'une démarche novatrice.

 Evaluation, ce mot est encore considéré comme un tabou. Il ne s'agit pas, pour nous, de l'assimiler à celle des institutions réalisées par elles-mêmes ou du contrôle de conformité juridique et financière ou encore des audits.

 Face aux approches méthodologiques de l'évaluation pour remplir les formalités, il s'agit de donner à celle-ci sa nécessaire dimension sociale et politique. L'évaluation participative est un processus dynamique impliquant notamment la participation d'acteurs issus de la société civile. Elle suppose la pluralité des points de vus, des compétences et des expertises, la connaissance d'une maîtrise d'usage des citoyens.

L'évaluation, pour être participative, ne peut s'exercer que dans la durée. On pourrait même la découper en séquence correspondant à l'avant, le pendant et l'après décision.

 Un tel processus s'il est mené dans la transparence et soutenu par la volonté politique réelle, peut être structurant d'une démocratie locale délibérative indispensable à la réduction de la pauvreté. Il fournit, dans le temps, des espaces et des moyens de participation des citoyens à l'action publique.

 Deuxième principe : prendre en compte les propositions citoyennes

Le cahier des propositions constitue donc un des enjeux de l’exercice d’une nouvelle citoyenneté locale et un objectif concret de mobilisation collective. En incluant des principes pour l’action locale, ils offrent un cadre négocié et contractualisé du débat public sur les politiques publiques.

 Troisième principe : budget participatif, le sel de la décentralisation et de la gouvernance

La pauvreté ne peut reculer, la citoyenneté ne peut se développer que si les acteurs, tous niveaux d’intervention confondus, du local à l’international en passant par le national, ont le sentiment de pouvoir agir sur leur cadre de vie collectif. Il est donc indispensable de proposer des moyens d’action concrets. La mise en place de projets participatifs, et d’enveloppes financières de quartier ou de village, sont des moyens de développement d’une citoyenneté active. Cette démarche permet de prendre part au processus de décision, à sa mise en œuvre et développe l’efficacité de l’action publique.

Les initiatives prises dans différentes villes du monde, à Batcham, Edzendouang, Yaoundé, etc. montrent combien les Budgets participatifs permettent de remettre le service public au centre de l’action politique.

Définir la citoyenneté, la décentralisation et la gouvernance locale suppose donc de faire appel aux outils et aux stratégies efficaces d’action collective et tri articulées. Une exigence de citoyenneté.

 

 

Quatrième principe : reforme l’Etat et deuxième République

Les organisations citoyennes, formelles ou informelles, sont une forme de représentation de la population. Elles agissent dans l'intérêt de celle-ci, en font émerger une parole collective, et ont à rendre des comptes à la communauté tout entière. Les autorités publiques de leur côté, issues d'une élection démocratique, constituent une autre forme de représentation de la population. Elles doivent reconnaître mutuellement leur légitimité. La reconnaissance mutuelle est un préalable au partenariat. Dans le cadre de la décentralisation, les communautés de base ne se battent pas pour conquérir du pouvoir, mais pour faire reconnaître leur rôle.

La reconnaissance des organisations citoyennes implique aussi la reconnaissance de leur histoire, de leur organisation et de leur culture. Il ne s'agit pas d'idéaliser la tradition ou la citoyenneté, mais de la revisiter. Elle joue souvent un rôle essentiel de cohésion de la communauté et de prise en charge de nombreux problèmes : la répartition des terres, la gestion des conflits sociaux, l'éducation, etc.

Dans les faits, les organisations citoyennes de base assurent des services sans l'intervention des collectivités locales. La reconnaissance de la valeur de leur travail et de leurs compétences les renforce dans la volonté et la capacité de le faire.

La plupart des organisations citoyennes ont besoin d'un appui extérieur de la part des collectivités publiques, dans des domaines tels que la gestion et l'organisation, mais doivent être en mesure d'exiger que cet appui extérieur ne vienne pas leur imposer des modèles qui ne seraient pas les leurs. Le renforcement des organisations citoyennes doit leur permettre de mieux identifier, relier et hiérarchiser les besoins de leurs communautés.

Des réseaux, des alliances et des fédérations de communautés de base, et des organisations citoyennes à différents niveaux, permettent de construire ensemble l'information dont ils ont besoin, d'échanger leurs expériences et de s'apporter mutuellement leur appui.

La reconnaissance suppose également la prise en compte de la diversité à l’intérieur des communautés et des organisations propres aux différents milieux tels que les femmes, les jeunes, les vieux…Pour construire cette alternative il faut réformer l’Etat et passer à la deuxième République.


Cinquième principe : organiser les institutions publiques, les collectivités locales et les organisations de base en vue du partenariat

Le partenariat entre les pouvoirs publics et les habitants peut être rendu impossible si le fonctionnement concret des structures ne le permet pas, même si les élus et les responsables le souhaitent ardemment. Il faut donc que les partenaires, élus locaux et communautés, vérifient que les conditions de réussite sont ou seront réunies. Les difficultés les plus fréquemment rencontrées, et qui doivent être surmontées, sont :

 

·                                 Les services publics et les organisations d’habitants ne sont pas préparés au dialogue ; ils restent enfermés dans leur langage et leur manière de penser. Une formation à l'écoute, au dialogue, au respect de l'autre, à la négociation est alors nécessaire.

 

·                                 La communication passe mal ; l'information utile n'est pas donnée aux habitants, ou elle est donnée dans une forme difficilement compréhensible par les catégories les plus pauvres : l'écrit, la langue, les mots utilisés. La mise en place d'un système d'information adapté aux besoins des communautés est alors nécessaire pour réunir des conditions de confiance mutuelle.

 

·                                 Le rôle légal des pouvoirs publics est trop limité et ne permet pas d'aborder sérieusement les questions qui préoccupent les habitants. Ceux-ci se voient imposer un découpage de leurs préoccupations, qu'ils ne comprennent pas. Il faut alors envisager des manières nouvelles de travailler entre Etat, collectivités locales et société civile ou un élargissement de leurs responsabilités.

 

·                                 A cause de la centralisation des recettes et de l’endettement de l’Etat, les financements publics sont insuffisants et ne collent pas bien aux besoins de la population, ils sont affectés de façon trop rigide, en général au fonctionnement, ils ne permettent pas à la municipalité de prendre des engagements au-delà d'un an, encore moins de soutenir les initiatives des organisations qui le demandent…. Il faut alors soit modifier les règles, soit créer de nouvelles structures, soit faire appel à d'autres types de financements (aide étrangère, financement privé…).

 

Sixième principe : construire le partenariat

Les politiques publiques, la loi d’orientation de la décentralisation et le cadre applicable aux collectivités locales décentralisées parlent de la participation de tous les acteurs : le partenariat. Un véritable partenariat suppose la confiance mutuelle. Celle-ci, à son tour, résulte de l'apprentissage que font les acteurs, les pouvoirs publics et la société civile de leur rôle dans le processus de développement.

Le partenariat ne peut demeurer informel. Il nécessite des lieux et un cadre de dialogue. Il doit se traduire par des obligations contractuelles fondées sur l'identification des capacités et des potentialités de chacun.

 Le partenariat doit reposer sur un processus participatif d'élaboration des décisions et de gestion des projets. Co-produits, co-gérés et co-évalués de cette manière, ils sont appropriés et ont un résultat durable.

 Les règles du jeu du processus de décision lui-même doivent être élaborées en commun.

L'élaboration de budgets participatifs, à partir des communautés de base selon une démarche ascendante jusqu’aux ministères, et à l’assemblée nationale est un bon outil d'apprentissage de la citoyenneté et d'une participation active.

 

Septième principe : financer les actions partenariales

La préparation participative des budgets permet de consolider la citoyenneté. Mais c'est le suivi des budgets qui crée les conditions de la confiance. Les dotations globales aux secteurs, aux régions, aux Communes, aux quartiers et aux villages avec un suivi transparent des dépenses sont une bonne solution. Il faut que les comptes soient simples, accessibles à des personnes ayant un niveau faible de formation et que les habitants soient en mesure d'apprécier l'utilité et l'efficacité des dépenses.

Le partenariat a, toujours ou presque toujours, une dimension financière associant la collectivité locale, les habitants eux-mêmes et d'autres - souvent des agences d'aide étrangère - au financement des projets partenariaux. Ce mélange des financements responsabilise les communautés et joue un rôle positif dans la bonne appropriation des projets. Mais il faut pour cela que plusieurs conditions soient remplies.

 

Huitième principe : agir à une échelle plus vaste

Les politiques publiques, la loi d’orientation de la décentralisation et le cadre applicable aux collectivités locales décentralisées ouvrent des perspectives pour la coopération inter-communale. Or les relations entre les autorités publiques et les habitants sont largement dépendantes de facteurs extérieurs, notamment ceux qui conditionnent la capacité des entités publiques à fournir des services, comme les programmes de l’Etat, eux mêmes dépendants des programmes de la Banque Mondiale et du FMI.

Cependant, les relations entre les autorités et les habitants sont renforcées si ces derniers sont impliqués dans l'élaboration des politiques qui influencent leur vie. Quand les communautés ont les moyens de comprendre leurs problèmes, elles deviennent capables de trouver des solutions réalistes aux défis auxquels elles sont confrontées. Elles donnent un sens à l’action politique et limitent les effets pervers de la dette. Il faut donc considérer le local comme point de départ dans l’élaboration de toutes les politiques.

 

Enfin, il faudra gouverner avec les propositions citoyennes pour moins de pauvreté et plus de démocratie locale, avec leurs répercussions à tous les niveaux : du local au global, du quartier à l’Afrique et à l’international, la citoyenneté locale est reliée au mondial. Car, aujourd’hui, agir dans sa commune, c’est aussi agir globalement.

Certaines propositions sont déjà garanties et protégées par des dispositions légales, d’autres appellent des dispositions législatives nouvelles, mais elles ont toutes un point commun : réduire la pauvreté et développer la démocratie participative.

Ces propositions qui visent à soutenir les débats, devront certainement être précisées, mais méritent d’être prises en compte. A vous de vous saisir de cette ouverture et de vous joindre à cette aventure !

 

Comment participer à l’élaboration des propositions citoyennes?

-       Participez aux débats et téléchargez les avis des autres gratuitement (en appelant au 22 20 10 12 ou en consultant: Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. ou www.rnhc.org ou www.devloc.net, www.assoal.org ).

-       Lisez les moutures actuelles, diffusez-les, débattez-en. Nous recueillons vos réactions par courrier, téléphone, mail au 22 20 10 12 ou Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. ou www.rnhc.org) Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. .

-       Ces propositions ont été conçues comme supports de débat. Vous pouvez faire appel aux réseaux qui en sont auteurs pour animer une rencontre ou discuter avec votre parti, votre association, collectifs, etc. Nous tenterons de répondre à vos demandes pour expliquer notre démarche et débattre avec vous afin d'avancer ensemble.

 

Mise à jour le Mardi, 22 Octobre 2013 10:47
 

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