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La Transformation sociale au cœur de l’action citoyenne PDF Imprimer Envoyer
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Écrit par Jules Dumas Nguebou   

L’appréciation de l’efficacité du ciblage organisationnel d’un projet peut être fonction de l’analyse des valeurs, des missions, des stratégies propres, des compétences techniques, du fonctionnement, du leadership des organisations concernées par ledit projet.

Elle peut aussi souvent dépendre de plusieurs facteurs dont l’auto-détermination des personnes concernées, le positionnement stratégique sur le plan géographique, leur encrage politique thématique avec l’analyse des enjeux reliés à ces thématiques, leur orientation à la responsabilité sociale, leur statut sur les plans sociologique, institutionnel et juridique, leurs niveaux de structuration, etc.

Cette analyse différenciée peut aussi intégrer outre les acteurs, les concepts qu’ils manipulent dans le cadre de la mise en œuvre et en fonction de la finalité des interventions. Sur cette question relative à la finalité des interventions, l’évaluation voudra particulièrement s’intéresser à cerner les contours des notions retenues pour actionner le changement dans l’ensemble de ses composantes. Ces notions peuvent changer d’un programme à un autre, d’une organisation à un autre.

 

L’évaluateur vigilant questionnera donc la stratégie de prise en compte des cibles dans les activités en analysant les enjeux d’un ciblage individuel, collectif, mais aussi, sur la base des services rendus dans le structure opérationnelle, le positionnement des acteurs (passif ou actif). Les analyses porteront également sur le choix de priorisation thématique et géographique des projets en tentant de répondre à la question des relations logiques ou du dosage rationnel entre les principaux buts de la stratégie, les objectifs spécifiques, les thèmes transversaux, les acteurs ciblés et les axes retenus. Il s’intéressera aussi à la question du dosage du programme évalué relativement aux initiatives à finalité économique, politique, ou des activités à finalité socioculturelle liée à la citoyenneté : la question insidieuse des rapports entre besoins immédiats (c'est-à-dire vitaux et urgemment liés à la survie), et besoins stratégiques, plus politiquement liés aux changements ou décisions qui peuvent être ou ne pas être favorables à un groupe ou une catégorie sociale donnée (apprendre à pêcher ou donner du poisson ?). En toute circonstance, la compréhension donnée au but ultime du processus peut infléchir la situation dans un ou l’autre sens.

 

La définition opérationnelle du concept de transformation sociale

Dans un sens « opérationnel » strict, la transformation sociale peut se référer au processus de changement qui vise à modifier les valeurs, la culture, le mode organisationnel et les politiques qui les animent. Ainsi perçue, elle renferme une quadruple dimension économique, sociale, politique et culturelle. Renvoyé aux acteurs, le concept revêt une triple dimension personnelle, groupale et sociétale. Les processus enclenchés dans un projet qui intègre cette conception dans ses stratégies opérationnelle et générale devrait par conséquent se donner un nombre objectifs d’indicateurs pouvant permettre de vérifier les contributions des actions retenues aux processus d’amélioration qui peut intégrer la participation des individus aux processus décisionnels, la modification des rapports de force ou leur rééquilibrage en faveur des catégories sociales défavorisées, leur renforcement institutionnel ou organisationnel dans un processus d’auto-détermination ou de responsabilisation, dans un sens qui intègre le rapport aux droits et l’appropriation des devoirs. En en corrélation avec les principaux enjeux économiques, culturels, sociaux et politiques qui mettent en lutte les acteurs.

 

Reconnaissance mutuelle des acteurs

 Ainsi comprise, la transformation sociale incluse dans les initiatives de nombreuses organisations de la société civile suppose que :

1.         les acteurs sociaux acceptent de se reconnaître mutuellement et respectent la diversité de leur rôle, de leur culture, de leur statut comme sources mutuelles d’enrichissement

-           Les organisations citoyennes de base, formelles ou informelles, les chefferies traditionnelles, les communautés de foi, les syndicats, sont une forme de représentation de la population. Elles agissent dans l'intérêt de celle-ci, en font émerger une voix collective, et ont à rendre des comptes à la communauté tout entière. 

-           Les autorités publiques locales, nationales de leur côté, issues d'une élection démocratique, et les autorités administratives constituent une autre forme de représentation de la population.

-           Les entreprises du marché de leur coté fournissent l’assistance technique et les prestations nécessaires à la réalisation des programmes de développement social et économique.

-           Elles doivent reconnaître mutuellement leur légitimité. La reconnaissance mutuelle est un préalable au partenariat et à la transformation sociale. Dans le cadre de la décentralisation et de la participation, la société civile ne se bat pas pour conquérir du pouvoir politique, mais pour faire reconnaître leur rôle, leur droit de porter leurs opinions et de formuler des propositions, de produire et de diffuser des valeurs (pouvoir culturel, pouvoir de transformation sociale).

-           La reconnaissance des organisations citoyennes et notamment celles de base implique aussi la reconnaissance de leur histoire, de leur organisation et de leur culture. Il ne s'agit pas d'idéaliser la tradition ou la citoyenneté, mais de la revisiter. Elle joue souvent un rôle essentiel de cohésion de la communauté et de prise en charge de nombreux problèmes: la répartition des terres, la gestion des conflits sociaux, l'éducation, la protection des droits, etc.

 

Dialogue pour le changement

2.         un intérêt soit accordé au renforcement des citoyens, des ministères, des collectivités locales, des communautés de foi, des entreprises et des organisations de base en vue du partenariat et du changement

Le partenariat entre Etat/collectivités locales-Entreprises et habitants ne peut être rendu possible si le fonctionnement concret des structures ne le permet pas, même si les élus et les responsables le souhaitent ardemment. Il faut donc que les partenaires, élus locaux et communautés, vérifient que les conditions de réussite sont ou seront effectivement réunies. Les difficultés les plus fréquemment rencontrées, et qui doivent être surmontées, sont :

          Les services publics, les chefferies traditionnelles, les entreprises et les organisations de base communautaire ou confessionnelle ne sont pas souvent préparés au dialogue pour le changement; ils restent enfermés dans leur langage et leur manière de penser. Le développement d’une culture d’écoute, de dialogue, de respect de l'autre, de négociation est alors nécessaire.

          La communication passe mal ; l'information utile n'est pas donnée aux citoyens, ou elle est donnée dans une forme difficilement compréhensible par les catégories les plus pauvres : l'écrit, la langue, les mots utilisés.

 

3.         des stratégies de mobilisation des financements pour les actions multi-partenariales soient identifiées et mises en place

La préparation participative des budgets permet de consolider la citoyenneté. Mais c'est le suivi participatif des budgets qui crée les conditions de la confiance. Les dotations globales aux communes, aux quartiers, aux villages, aux Communautés, Réseaux, Coalitions, etc. ; avec un suivi transparent des dépenses sont une bonne solution pour porter les initiatives exemplaires de transformation sociale, qui doivent ensuite être capitalisées et diffusées dans la société entière. Il faut que les comptes qui en découlent soient simples, accessibles à des personnes ayant un niveau faible de formation et que les citoyens soient en mesure d'apprécier l'utilité et l'efficacité des dépenses.

Ce mélange des financements responsabilise les communautés et joue un rôle positif dans la bonne appropriation des innovations.

 

Organisation en Alliances et Réseaux

4.         les organisations sociales s’engagent d’agir à une échelle plus vaste et se mobiliser pour renforcer les valeurs et principes du changement

Les relations entre les autorités publiques, les entreprises et les organisations sociales seront renforcées si ces dernières sont impliquées dans l'élaboration des politiques qui influencent leur vie. Quand les communautés de base ont les moyens de comprendre leurs problèmes, elles deviennent capables de trouver des solutions réalistes aux défis auxquels elles sont confrontées. Elles donnent un sens à l’action politique. Il faut donc considérer le local comme point essentiel dans l’élaboration de toutes les politiques.

En s'organisant en réseaux et alliances à l'échelle communale, départementale, régionale ou à celle nationale, les communautés locales, les habitants, les entreprises privées du marché se dotent d'un réel pouvoir d'influence et d’une véritable capacité d’influence, de participation sur les politiques régionales et globales imposées par la mondialisation.

Ils se donnent les pouvoirs d’action sur les mandats et peuvent contribuer à responsabiliser les citoyens sur les politiques arrêtées au profit du développement social et économique.

 

Stratégie de changement

5.         les acteurs se dotent d’une stratégie de changement avec des indicateurs pour mesurer les progrès de la transformation sociale

Enfin, l’orientation à la transformation sociale suppose aussi un regain de la culture de citoyenneté à trois niveaux différents: le niveau individuel, le niveau des organisations et le niveau institutionnel. Ceci suppose que les personnes engagées dans ce processus sont en quête de changement de type personnel (attitude, comportement, habitude), mais aussi de type organisationnel (légitimité, crédibilité, etc.) ou institutionnel (légalité, responsabilité, etc.) ;   

-           la culture de la transformation sociale ne doit pas être considérée comme une fin en soi, mais comme un moyen pour la promotion de l’homme (lutte contre la pauvreté, lutte contre les inégalités, lutte contre la corruption, développement économique, amélioration des revenus des plus pauvres, fiscalité locale et adaptée, etc.);

-           l’importance de l’environnement et de la sauvegarde de la création, premièrement comme facteur conditionnant (de manière positive ou négative) la promotion de la citoyenneté suppose une conscience réelle des politiques et la volonté des acteurs ciblés à agir pour rendre ces politiques bénéfiques à l’ensemble ;

-           les outils de promotion de la transformation sociale peuvent intégrer des opérations incitatives de type ou de nature différente (empreinte de valeur différente non pas simplement culturelle, mais aussi reliée à l’économique, au sociale, etc.), en tout état de cause, une stratégie claire, avec des méthodes appropriées, des outils simples, sont nécessaires ;

-           la théologie de la libération et la pédagogie des opprimés de Paulo Freire sont deux  exemples de ce que la création et la production sociale des savoirs sont capables d’apporter à la transformation de nos sociétés contemporaines. Nous devons être attentifs à ces expériences, les capitaliser pour les intégrer avec les adaptations nécessaires dans  nos stratégies propres en matière de transformation sociale.

 

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