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Écrit par Jules Dumas Nguebou   

La 3C (Coalition citoyenne pour le changement) : Pour une gouvernance tri-articulée

Au XXIe siècle, trois forces globales détermineront la destinée des nations et le type de mondialisation qui régira la planète. Ces trois forces sont le gouvernement, le marché et la société civile.

La capacité des Etats de déterminer le sort des nations n’est pas contestable, ils l’ont fait depuis des siècles. Ces deux cent dernières années, les activités de commerce, d’investissement et de financement ont soit développé, soit détruit les économies des nations. En tout début du 21ème siècle, la défaite embarrassante de l’organisation mondiale du commerce (OMC) lors de la ‘‘bataille de Seattle’’ a mis en évidence l’émergence d’une ‘‘troisième force’’ dans les affaires du monde : la société civile. La capacité de la société civile de contrecarrer les tendances totalitaires de certains marchés et gouvernements est maintenant admise dans les plus hauts cercles politiques. Dans le monde entier, des citoyens et des institutions en prennent conscience. Y compris au Cameroun.

L’émergence de la société civile mondiale, africaine et camerounaise en tant que troisième force est une première étape importante dans la mobilisation du pouvoir culturel (social) au service d’un développement humain complet. La société civile se pose ici en défenseur de l’espace culturel, principal champ social d’où naissent des approches alternatives à la dictature des politiques, à la mondialisation néolibérale, au dictat élitaire et où sont cultivés la liberté, les valeurs, le sens, l’identité, les considérations spirituelles et éthiques, dimensions essentielles pour un autre développement et pour la transformation sociale.

La société civile a eu en outre une tâche créatrice. Les évènements de 1990 (luttes pour la démocratie) ont clairement montré la nécessité de proposer des solutions alternatives à la forme destructrice du « libéralisme économique », aujourd’hui dominante dans le monde, en Afrique et au Cameroun. L’autre voie est celle d’un développement intégré qui prenne en compte les impératifs écologiques, économiques, politiques, culturels, sociaux, humains et spirituels du développement.

 Tri-articulation

La promotion de cette nouvelle approche de développement nécessite l’implication de l’ensemble des trois institutions clés : l’Etat représenté par le Gouvernement ; le marché, représenté par les entreprises privées  et la culture, représentée par les organisations de la société civile. Aucune d’entre elles n’a une compréhension complète de la  réalité sociale. Imposer de façon unilatérale un plan purement politique ou économique ou culturel ne reviendrait qu’à perpétuer les formes incomplètes, donc destructrices, de la mondialisation et du dictat élitaires.

Aussi la mise en œuvre de solutions sérieuses signifie-t-elle que l’on forge, lorsque la situation le permet, des partenaires stratégiques entre la société civile, le gouvernement et le marché. Cette approche tri-articulée,  reposant sur des partenariats tri-sectoriels authentiques, paraît essentielle pour la promotion d’un nouveau mode de développement et la planification d’un type nouveau de politique adaptée aux besoins des peuples du Cameroun.

Adoption du Budget Participatif

Des initiatives innovantes et variées dans l’esprit de la tri-articulation se multiplient aux quatre coins du monde, de l’Afrique et du Cameroun. Le signe le plus évident de cette évolution est l’adoption du Budget Participatif. Sous l’impulsion de la société civile, de nombreuses Collectivités territoriales décentralisées et le gouvernement camerounais ont adopté le Budget Participatif (BP) au plus haut niveau de sa politique de développement urbain, de décentralisation et de développement local. Des ministères techniques, des organisations de base de la société civile et des entreprises commencent à mettre en œuvre des programmes localement intégrés, qui sont la déclinaison locale de cette orientation. Le BP est mis en œuvre dans plusieurs Collectivités Territoriales Décentralisées (CTD) du Cameroun par le moyen de processus locaux de tri-articulation, incluant des partenaires tri-sectoriels authentiques.

Malgré ces développements promoteurs, la tri-articulation reste quelque chose de nouveau. Aussi toutes les institutions actives dans les trois domaines de la société n’en ont-elles pas encore tout le potentiel. En outre, il existe encore des suggestions et des malentendus ; ils peuvent annihiler les efforts d’une démarche tri-articulée pour résoudre les problèmes globaux et faire valoir les aspirations humaines, économiques et spirituelles des peuples du Cameroun.

 

Moins de pauvreté et plus de démocratie

Il est donc nécessaire de mettre en place des réformes, un espace national, une politique, un réseau qui s’occupent de promouvoir des processus de tri-articulation opportuns, conscients et stratégiques, basés sur des partenariats tri-sectoriels authentiques, partout dans le pays, pour faire du Cameroun un Etat de droit, uni et divers dans le progrès. C’est en réponse à ce besoin national qu’a été créée la Coalition Citoyenne pour le Changement (3C) et qu’ont été imaginées les présentes propositions.

3C travaille à harmoniser et mobiliser les trois domaines de la société -économique, politique et culturel – en vue d’un développement durable complet : - en réfléchissant et apportant des solutions pour la réforme des politiques publiques, en soutenant la société civile dans son rôle de transformateur social, et – en promouvant, quand la situation le permet, des partenariats tri-articulés entre le marché, le gouvernement démocratique et responsable et la société civile. Il lance un appel aux candidats élus, du local au national en passant par le régional, afin qu’ils se joignent à cette dynamique et qu’une réflexion profonde s’enclenche pour moins de pauvreté et plus de démocratie au Cameroun.

Jules Dumas Nguebou

 

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