Home Editorial Les actions de la société civile camerounaise sont-elles porteuses de changements positifs au bénéfice des populations? La question mérité d’être posée tant l’environnement socio-politique se montre hostile à l’expression de la société civile
Les actions de la société civile camerounaise sont-elles porteuses de changements positifs au bénéfice des populations? La question mérité d’être posée tant l’environnement socio-politique se montre hostile à l’expression de la société civile PDF Imprimer Envoyer
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Écrit par Jules Dumas Nguebou   

Interdiction de toute manifestation publique à caractère revendicatif, existence d’une société civile de prestation de service qui s’écarte progressivement du plaidoyer pour se consacrer à la mise en œuvre des projets de développement initiés soit par le gouvernement, soit pat les partenaires internationaux. Les organisations de la société civile sont soient infiltrées par les forces politiques réfractaires aux changements sociaux pour plus de justice et d’équité, au risque de voir s’effriter leurs avantages colossaux.

Malgré cette adversité, il y a des organisations qui se fraient un passage pour faire entendre la voix des plus pauvres, et des laissés-pour-compte de la société face à des lobbies politiques et économiques impitoyables.

 

L’Association pour la Défense des Intérêts Collectifs (ACDIC) a mené des actions d’envergure, dirigées contre les pouvoirs publics pour l’attirer l’attention sur plusieurs déviances qui structuraient désormais notre secteur agro-pastorale : les importations des poulets congelés, le détournement de fonds au Programme maïs au ministère de l’agriculture et du développement rural, l’état s’insalubrité des services publics au Cameroun notamment avec le classement des ministères les plus sales.

 

Au bilan des ces trois actions, on a vu le gouvernement prendre des mesures d’interdiction des importations massives des poulets congelés. Cette initiatives a permis la relance du secteur avicole national anéanti par une annonce fantaisiste de la présence de la grippe aviaire au Cameroun.

 

L’enquête sur le programme maïs du Minader a permis de mettre en lumière un vaste réseau de détournement de fonds dudit programme. Une contre-enquête de la Commission Nationale Anti-corruption (CONAC) a confirmé ces détournements.

 

Le palmarès des ministères les plus sales a fait bouger quelques chefs de département ministériels, qui ont soit fait éclairer les couloirs des bâtiments souvent plongés dans le noir, réparer les toilettes souvent transformés en magasins,  aménagés des cantines, ou même changer les drapeaux  dont les couleurs ne reflétaient plus le vert-rouge-jaune de notre drapeau national.

 

Les actions menées par Dynamique Citoyenne, une autre organisation de la  société civile spécialisée dans le plaidoyer, traquent l’utilisation des fonds publics à travers le suivi du Budget d’investissement public au niveau local. Cette initiative a pour avantage d’améliorer la gestion des fonds affectés par le gouvernement pour la réalisation des projets au niveau local. La participation citoyenne à la vie publique devient ainsi une réalité.

Assoal, accompagne des OSC du secteur associatif dans la mise en œuvre, d’une gamme de services sociaux pour contourner les blocages qu’impose le système dirigeant dans plusieurs domaines de la vie sociale. Le GIC SUPR’M qui porte un projet novateur de partage du risque maladie remplace l’absence d’un système d’assurance maladie en faveur des démunies avec 25.000 Fcfa seulement par an.

 

Toutefois, de nombreuses intimidations émaillent encore la marche des OSC sur la route de la défense des droits et des libertés des Camerounais. Jean Marc Bikoko de Dynamique Citoyenne, Bernard Njonga de l’ACDIC, ainsi que de nombreux membres de l’Association de défense des Droits des Etudiant (ADDEC) ont connu les geôles simplement pour s’être exprimé. La marche des aviculteurs à Yaoundé, la conférence de Dynamique citoyenne à l’occasion de la journée de la démocratie ont été interrompues et quelques organisateurs interpellés. On a régulièrement vu des syndicalistes interdits de réunions par des autorités administratives dans leur propre siège pour peu que le sujet à l’ordre du jour dénonce quelque déviance des pouvoirs publics. Interdiction de toute manifestation à caractère revendicatif: voilà une barrière qui plombe l’expression de la société civile au Cameroun et dont le verrou porte gravement atteinte à l’efficacité de son action.

 

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