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GIPA, pour redorer l’image de marque de l’artisan PDF Imprimer Envoyer
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Écrit par Eric O. LEMBEMBE   

C’est l’une des missions que s’est donnée le Groupement Inter-Professionnel des Artisans (GIPA), organisation de droit Camerounais créée en 1999 et légalisée en 2000, constituée à ce jour de près de 100 membres répartis dans 7 corps de métiers de l’artisanat.

 

«  L’artisan en général reste marginalisé sur les plans politique comme social. Il  n’a accès presque pas aux tribunes d’expression, non plus aux guichets de financements pour développer son activité, qui pour le reste demeure dans l’informel. C’est ainsi que l’artisan est toujours cet éternel débrouillard, qui joint les deux bouts pour survivre, n’arrive pas à vivre de son art et à s’épanouir ». Amers constats de Pamphile Ntanga, menuisier-ébeniste, rapporteur du corps de métier des menuisiers au Groupement Inter-Professionnel des Artisans (GIPA). Face à ces situations alarmantes, il était donc temps qu’un accompagnement véritable des vrais artisans soit effectif, « afin que les préoccupations de ces derniers soient prises en compte et que les solutions viennent d’eux-mêmes et non plus de l’extérieur ».

C’est ce qui s’est passé depuis le 24 juin 1999 où 9 personnes se sont assises et ont mis sur pied le GIPA. Aujourd’hui, l’organisation, dont le siège social se trouve au quartier Etoudi à Yaoundé, compte près de 100 membres répartis dans 7 corps de métiers. Entre autres, des menuisiers, des couturiers, des sculpteurs, des artisans, des teinturiers et des ferronniers. Chaque corps de métier est autonome et organise ses activités selon un agenda précis. Les activités communes, comme des réunions et autres ateliers de formation se déroulent généralement au siège de l’organisation. Avec pour souci 1er le développement, le rayonnement et la défense de la dignité de la profession artisanale au Cameroun, le GIPA intervient sur toutes les 10 régions du pays, et spécifiquement dans la région du Centre. « Nos missions se résument en 4 grands axes : la mobilisation et la structuration des artisans selon leur corps de métier ; l’apprentissage, la formation ou le renforcement des capacités ; la promotion des produits issus de l’artisanat et la défense des intérêts de membres », explique Pamphile Ntanga.

 

Foires expositions

Depuis sa création, le GIPA a mis sur pied plusieurs programmes et projets qui lui ont valu d’innombrables réalisations. Entre autres : la mise en place d’un corps de métier spécifique et la formation gratuite des jeunes aux métiers de l’artisanat. « Au bout de chaque formation, les apprenants sont soumis à des examens supervisés et corrigés par des partenaires venus de la Chambre de Commerce et du ministère en charge de l’Artisanat. A l’issue de la formation, les apprenants sont, soit recrutés dans les ateliers du GIPA, soit accompagnés pour s’installer à leur propre compte. En 2011, grâce aux financements de l’Union Européenne et le COOPI, 150 jeunes ont été installés », clarifie Pamphile Ntanga. L’autre grande réalisation, c’est sans doute la participation aux foires expositions nationales et internationales. En 2012, le GIPA était présent au Salon International de l’Artisanat du Cameroun  (SIARC) à l’hôtel de ville de Yaoundé. 2011, aux foires Promo et Promote. Dernièrement à Batimades Douala. Au Nigeria (Calaba, Tinopia), au Burkina-Faso, en Algérie, en France, en Italie et en Israël. A ces divers événements, le GIPA a remporté plusieurs prix.

 

Difficultés de fonctionnement

« Des formations en plaidoyer ont été rendues possibles grâce au PASOC, ainsi que  des réflexions sur la transformation du bois. Aujourd’hui, l’exonération des patentes pour les entreprises membres du GIPA est effective », nous informe le menuisier. Comme difficultés, la GIPA souffre de l’absence de moyens financiers pour son fonctionnement (gestion du personnel administratif, le 31 mai dernier, par exemple, le secrétaire permanent était absent de son poste suite à l’arrêt du paiement de son salaire par DED, les autres charges de l’organisation se font grâce aux cotisations des membres, soit 24 000 Fcfa/ membre/an et 10 000 Fcfa pour l’adhésion, la secrétaire est également absente de son poste suite à un congé de maternité). « Le statut de l’artisan est également précaire car ce dernier ne vit pas toujours de son art et l’accès aux financements pour les projets est difficile et la majeure partie des projets financés sont généralement imposés par la vision des partenaires ».

Pour faire face à tout cela, les artisans du GIPA ambitionnent de mettre sur pied une Maison des artisans et une Mutuelle des artisans (pour faciliter les achats groupés des matières premières), redynamiser le centre de documentation, créer des antennes régionales sur l’étendue du pays et améliorer l’image de marque et le statut de l’artisan, généralement très marginalisé dans la société à tous les niveaux. « Un accompagnement véritable de l’artisan est donc indispensable afin qu’un jour les véritables préoccupations des artisans et leurs solutions soient prises en compte et que ce ne soit plus des idées importées ou imposées », conclut Pamphile Ntanga.
 

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