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Écrit par A. Arnaud KABEYA   

En 26 ans, sa superficie est passée de 300.000 hectares sur l'étendue du territoire nationale à 200.000 hectares. Selon le rapport 2006 du PNUE, la mangrove en Afrique couvre plus de 3,2 millions d'hectares de superficie. Ce qui représente environ 19% de la superficie mondiale de la mangrove.

Cet écosystème fragile que l'on retrouve sur les côtes marécageuses et dans les estuaires (embouchures des fleuves) des régions tropicales a donc une grande importance. Sur le plan biologique, la mangrove possède une forte biodiversité faunistique et plus de 80% des poissons commerciaux et espèces aquatiques. « Les produits forestiers (bois de mangrove) et non forestiers de la mangrove sont utilisés comme bois de chauffe et de fumage », indique Eugène Diyouke, responsable de projet à Cameroon Wildlife Conservation Society.

Sur le plan artisanal, elle est utilisé pour la confection des accessoires et meubles. Dans la ville de Douala, « on estime à plus de 500.000 stères de bois qui est utilisé par an », soutiennent certains environnementalistes rencontrés à la 40e édition de la journée internationale de l'environnement. Une journée aussi célébrée dans la ville le 5 juin dernier.

Pour le Docteur Gordon Ajonina, coordonnateur national du Réseau camerounais de mangrove, « en terme de protection de notre côte contre le tsunami, l'inondation et l'érosion, la mangrove a un ensemble de racines. Sur le plan climatique, elle peut sécréter 5 à 6 fois, le carbone que la forêt continentale».

 

Disparition

Il est donc clair, selon les environnementalistes, que, cet écosystème est indispensable pour notre pays. Malheureusement, selon le Pnue, l'état actuel de la mangrove est inquiétant. « En Afrique occidentale et centrale, 20 à 30% des mangroves ont disparu », précise ledit rapport. Et au Cameroun, « la mangrove couvre actuellement, 200.000 hectares. Ayant perdu plus de 3.000ha par an, soit 1,1% de la superficie de notre mangrove par an », confie Eugène Diyouke.

En effet, selon ledit rapport du Pnue, depuis 1980, cet écosystème du Cameroun est passé de 300.000ha à 200.000ha en 2006. Donc, aujourd'hui « la mangrove du Rio del Rey n'a plus qu'une superficie de 95.000ha, le Rio Ntem, 45.000ha et l'estuaire du Wouri, 80.000ha », précise ce dernier. Cette dégradation est due à la pollution industrielle, la surexploitation des ressources halieutiques (poisson, carpe), l'exploration et l'exploitation de l'hydrocarbure et l'urbanisation.

« La population utilise le bois de la mangrove comme bois de chauffe pour la cuisine et pour fumer les poissons. Par ailleurs, certains habitants aménagent cet écosystème pour s'y installer ou le creuse pour rechercher du sable pour la construction des maisons d'habitations », déplore Eugène Diyouke. Des mesures sont heureusement en train d'être prises par le ministère de l'Environnement, de la protection de la nature et du développement durable afin que notre mangrove soit protégée.

 

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