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Nécrologie Stéphane Tchakam repose désormais à Bayangam pour l’éternité PDF Imprimer Envoyer
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Écrit par Eric O. LEMBEMBE   

Disparu le 13 août 2012 à Douala des suites de maladie, le directeur de la rédaction du quotidien Le Jour a été inhumé, le 1er septembre dernier, dans son village natal.

« Un être exceptionnel ! ». « Un combattant rigoureux et passionné ». « Un activiste infatigable ». « Un monument de la presse camerounaise ». « Un chroniqueur culturel ». Etc. Ce 1er septembre 2012, à Bayangam, dans la région de l’Ouest Cameroun, parents, amis, confrères de Stéphane Marcel Tchakam Ngon, avaient chacun une expression particulière pour qualifier le journaliste disparu, quelques jours plutôt à Douala des suites de maladie. Pour le dernier hommage de « Massa », surnom affectueux bien connu des amis et collègues de Stéphane Tchakam, ni la pluie qui avait arrosé le quartier Kassap à Bayangam, ce matin, ni la route boueuse n’ont pas pu empêcher à tous ceux qui l’avaient connu de près ou de loin, de venir l’accompagner à sa dernière demeure. La vingtaine des gerbes de fleurs présente témoigne de la passion que portait le disparu pour les plantes.

La cérémonie d’adieu à « Pa’a Cha » ( autre surnom du défunt), commence donc  par la prédication du pasteur Jean Claude Ndé tirée du livre d’Ecclésiaste, chapitre 9, des versets 2 à 10 sur la grandeur de la vie sur la mort et la nécessité de bien utiliser cette vie, car, selon le berger, « c’est le Seigneur qui donne et c’est encore lui qui reprend…Si le livre de Stéphane Marcel Tchakam Ngon est fermé, le nôtre reste ouvert. Il nous appartient de bien écrire notre propre histoire, celle de notre vie sur terre ». S’ensuit les témoignages des chefs de famille Tchakam et Ngon Amang, plus tard de l’intervention de Marion Obam du quotidien Mutations, « Stéphane était un être exceptionnel. Chacun qui l’a connu avait une histoire particulière avec lui. Il était tellement passionné qu’avec lui, vous avez l’impression d’être quelqu’un d’exceptionnel. L’une des leçons à tirer de cette histoire est que si vous aimez quelqu’un, si vous avez la considération pour une personne, prenez de votre temps pour lui dire combien il compte pour vous », conclut l’amie du défunt avant de fondre en larmes. 

 

Combattant acharné

Même émotion du côté de Haman Mana, directeur de publication du quotidien Le Jour et dernier employeur de Stéphane : « L’homme qu’on enterre aujourd’hui est un combattant. Il a combattu avec ce qu’il avait comme armes : sa plume et son caractère, son amour et sa rigueur. Il s’est battu pour s’exprimer contre toutes sortes d’injustice qui l’écorchaient tout autour de lui. C’est un homme qui bataillait pour les autres. Je n’ai jamais compris pourquoi, entre lui et moi, il y avait quelque chose de particulier. Stéphane, tu as mené beaucoup de combats et tu les as tous gagné. Nous t’aimons, comme tu étais, avec tous tes combats, avec tes qualités et avec tes défauts ». Yves Atanga de Cameroon Tribune prend la parole au nom de la 27ème promotion de journalisme de l’Ecole Supérieure des Sciences et Techniques de l’Information et de la Communication (ESSTIC) pour pleurer leur camarade : « Sympathique et toujours soigneux, on pouvait toujours compter sur toi, Stéphane…Tu as peut être connu des moments difficiles, comme ca se lisait parfois sur ton visage, mais tu t’efforçais de nous faire rire et sourire…Tchaky notre frère, ton moment est peut-être arrivé, mais c’était encore mieux, quand tu étais là ». Kareyce Fotso, artiste enchaîne le pas en entonnant sous fonds de lamentations un hymne d’adieu à l’illustre disparu. L’émotion gagne l’assistance. La famille et les amis sont inconsolables. Vers midi passé, la terre de Kassap se renferme sur Stéphane Marcel Tchakam Ngon. Il se repose désormais aux côtés de son géniteur, décédé quelques années plutôt.

 

Militant-activiste

Pour beaucoup, Stéphane aura laissé des empreintes indélébiles de son passage terrestre. Lors des nombreux témoignages du jour de son inhumation et ceux qui avaient précédé ce samedi, que ca soit à l’hôpital général de Yaoundé lors de la levée de corps ou à la grande veillée à la maison familiale au quartier Etoudi à Yaoundé ou encore le 29 août dernier, au domicile du défunt au lieu dit « Bijoux Makepè » à Douala, il était difficile voire impossible d’entendre un témoignage défavorable sur Stéphane Tchakam. Journaliste émérite, travailleur exemplaire, homme de culture, activiste, militant de la cause LGBTI en Afrique en général et au Cameroun en particulier. L’homme avait quasiment séduit tout le monde par son immense talent mais surtout par son altruisme et son humilité.

 

Repos mérité

Diplômé de l’ESSTIC, Stéphane Tchakam débute sa carrière de journaliste à la fin des années 90 au quotidien Mutations, ensuite il rejoint le quotidien gouvernemental Cameroon Tribune. Pendant huit ans, il occupe alors le poste de chef service de la communication pour la division régionale de la région Littoral. En 2009, après son affection à Yaoundé, il démissionne de ce journal pour Le Jour où il officie comme grand reporter pour le Desk de Douala, enfin comme directeur de la rédaction en poste à Yaoundé à partir de janvier 2012. Journaliste polyvalent, « Tchaky » fera également un tour du côté de la presse audiovisuelle, en 2010 où il coanime sur une chaîne de télévision locale  le talk show « Ce soir ou jamais » et à Nostalgie Fm avec l’émission «Afro Beats ».  Stéphane, qui aurait eu 41 ans le 16 décembre prochain, s’est éteint laissant à ses nombreux collègues et amis l’image d’un infatigable travailleur, savant, rigoureux, humble et toujours souriant. « Tara était en même temps un mélange de bonté, de volonté et de simplicité », témoigne l’un de ses amis sur le réseau social virtuel Facebook où une page a été ouverte en hommage à « l’icône » disparu. Sa passion pour la musique et le chant était connu de tous et parfois pas toujours compris ou partagé. Les « œuvres de l’esprit » des artistes africains tels que Rokia Traore, Angelique Kidjo, Pierre Akendengue, Marie Lissom, Kareyce Fotso, Queen Eteme, Charlotte Dipanda, Sally Nyolo, etc. n’avaient aucun secret pour lui. L’homme de « Sii Teu Tchinlann » (la terre tourne), l’un de nombreuses des citations qu’il affectionnait bien, restera dans les mémoires comme celui qui, disait-il, lui-même : « Si je décède un jour écrivez sur ma tombe : Ici repose celui qui de son vivant ne s’est jamais reposé ». Il le mérite peut être bien. Finalement…

 

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