Home Grand dossier IMPACT SOCIO ECONOMIQUE DE L’EAU
IMPACT SOCIO ECONOMIQUE DE L’EAU PDF Imprimer Envoyer
Note des utilisateurs: / 1
MauvaisTrès bien 
Écrit par JPOM   

La mauvaise qualité de  l’eau nous coûte chère

On a souvent coutume de dire « l’eau c’est la vie » ! Et pourtant, que de drames ! Ceux-ci sont dus non seulement à sa mauvaise qualité, mais aussi à son inaccessibilité tant en zones urbaine, semi-urbaine que rurale…Paradoxalement, nous sommes sur le second bassin hydraulique du monde après celui d’Amazonie.

 

Si les objectifs du millénaire pour  le développement (OMD), sont bien connus ainsi que leur appropriation par le document de stratégie pour la croissance et de l’emploi (DSCE) dont les ministères de l’eau et de l’énergie  ainsi que celui de la santé publique qui s’évertuent au quotidien sans pour autant réduire l’écart, c’est que le fossé est grand. Celui ci est non seulement grand entre les besoins de l’offre et de la demande, mais aussi en termes de qualité et d’inégalité en matière de répartition spatiale. Plus de la moitié des habitants de Yaoundé et Douala n’ont pas accès à l’eau potable. Quatre quartiers sur dix y ont accès, ce qui est inadmissible pour un pays qui aspire déjà tambour battant à l’émergence.

L’approvisionnement en eau potable dans les zones rurales est quasi inexistant ; surtout quand on sait que la CDE et la Cam water n’y étendent pas leurs  canalisations. On ne peut que se lamenter sur les risques encourus par ces populations. Et pourtant, le Cameroun est traversé de part et d’autre par de grands cours d’eau.

Les cours d’eau disponibles

Cela peut paraître absurde ou s’assimiler à une malédiction que des peuples potentiellement riches en eau  meurent de soif. Comment comprendre que le Cameroun soit traversé par d’aussi impressionnant cours d’eau et manquer d’eau ? A quel niveau se trouverait le problème ?

Le Cameroun dispose d’un château d’eau historiquement connu qui est celui de la région de l’Adamaoua. Outres les Mayo qui lui tournent autour et qui jonchent les régions du nord et de l’extrême nord, tous les autres cours d’eau majeurs ou pas, y prennent plus ou moins leurs sources. La Sanaga et ses affluents le Mbam, le Nyong, le Ntem, le Ndjerem, la Boumba et Ngoko, le Nkam, le Logone le Chari, le Wouri, la Lobe etc. Quel contraste de disposer d’autant de cours d’eau et de ne pas en jouir ? Serait-ce le fait de l’ignorance  ou de l’incompétence ? Il vaudrait mieux ne pas se livrer à ce jeu tant les efforts sont faits même s’ils tardent à porter des fruits. Pour s’en convaincre, le Chef de l’Etat a instruit une mission d’urgence en la matière aux deux ministres de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire avec son homologue de l’eau et de l’énergie. Mission qui les a conduit jusqu’au Brésil.

La crise de l’eau qui perdure

Avec l’augmentation de la population garantie par le taux de croissance certes en baisse mais toujours aussi important, on peut arriver à comprendre toutes les difficultés auxquelles font face les pouvoirs publics pour juguler cette crise. Toutefois, dans une problématique qui dure depuis 2006 et que 7 ans après, rien n’est fait, on est en droit d’être, désormais dubitatif sur la bonne foi de certains responsables d’une part et les moyens mis à la disposition pour y parvenir d’autre part. Le temps n’est peut être pas propice aux remous sociaux. Mais tout de même !la non satisfaction des besoins vitaux tel l’approvisionnement en eau potable peut être lourds de conséquences et faire changer le climat social dans un sens comme dans un autre. On peut dès lors comprendre la reprise en main de ce dossier par le Chef de l’Etat en personne.

Les conséquences  sanitaires de l’eau

Celles-ci  peuvent être analysées sur deux plans : la santé et l’économie.

La pénurie ou l’absence quasi-totale de l’eau potable peut causer des maux énormes sur les plans économique, social et de la santé. L’accès aux eaux souillées et à des points d’eau non aménagés ou insuffisamment aménagés  expose les populations à toutes sortes de maladies. A cause des difficultés d’accès à l’eau saine, on connaît depuis près d’une vingtaine d’années le développement des maladies hydriques telles que la typhoïde dont le traitement  moyen dure  21  jours pour un coût moyen de  50 000 FCFA son vaccin coutant 11 000 FCFA. Combien sont ceux qui peuvent donc en avoir accès ? Le choléra  quant à  lui  est  fort traumatisant et ne vous laisse pas assez de temps pour rejoindre un centre de santé ; d’où l’assistance du gouvernement et des bailleurs de fonds  qui s’y sont mis à cause du coût très élevé.

A coté de celles-ci nous pouvons citer les vers intestinaux, la bilharziose, l’onchocercose….

A titre d’illustration, il faut savoir que 2 millions  de camerounais sont parasités par la bilharziose contre 10 millions infestés de vers intestinaux. Le groupe le plus vulnérable est composé d’enfants en âge  scolaire (6 – 15 ans), suivi des pécheurs et des agriculteurs. Ces maux entrainent des conséquences graves tels :

  • Des retards de croissance
  • La baisse du développement  intellectuel
  • L’anémie constante
  • L’augmentation du risque d’infection par d’autres germes à cause de la baisse de l’immunité

Toutes ces maladies sont appelées maladies hydriques parce qu’elles sont directement liées à l’eau, eau souillée, absence d’eau ou mauvais entretien des latrines et des points d’eau. Selon le ministre de la santé publique, André Mama  Fouda, un programme s’en occupe depuis 2006.  C’est le programme national de lutte contre la schistosomiase  et  les  helminthiases intestinales. A coté de ces maladies  se trouvent les maladies cutanées plus connues sous le nom de « Kam no go ». Leur guérison n’est pas facile. Le traitement varie entre 800 et  5000 FCFA quand on se limite à l’usage des savons antiseptiques.

L’eau coute de plus en plus chère

Un peu partout dans nos villes, l’eau se vend mais à quel prix ? Depuis quelques années, l’un des commerces les plus florissants est celui de l’eau. Sa vente va de 25 FCFA à 50FCFA pour des gobelets d’eau et des sachets à 100fcfa pour des bouteilles de 1.5litres d’eau. En face c’est la Camerounaise Des Eaux (CDE), entreprise d’Etat qui prévoit avec sa tutelle une augmentation du débit  de 40.000m3 d’eau pour alimenter les villes de Yaoundé et de Douala. En attendant, celle-ci met  à la disposition des populations l’eau à un prix de plus en plus élevé. Ici, les prix ont grimpé de 337 FCFA le m3 d’eau l’année dernière, à 367 FCFA cette année. Sans consultation préalable. C’est dire combien les années à venir rendront nos populations scélérates !

 

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir

 

Votre avis compte

A votre avis, les Mutuelles de santé sont: