Home Actualité Université de Buea: Un volcan en constante éruption Des grèves à répétition d'étudiants et d'enseignants paralysent le campus depuis plusieurs mois.
Université de Buea: Un volcan en constante éruption Des grèves à répétition d'étudiants et d'enseignants paralysent le campus depuis plusieurs mois. PDF Imprimer Envoyer
Note des utilisateurs: / 0
MauvaisTrès bien 

Le Mot d'ordre de grève du Syndicat national des enseignants du supérieur (Synes), branche de l'Université de Buea (Ub) a été respecté. Il n'y a pas eu cours lundi, 10 juin 2013 dans les amphithéâtres de l'Ub. Le campus était fortement militarisé. Des camions remplis de policiers ont investit le campus universitaire.

Les étudiants et les enseignants étaient invisibles au sein du campus. Toutefois, «nous sommes allés au campus pour faire des exposés sur insistance d'une enseignante. Mais après cela, tous les étudiants sont rentrés, le professeur aussi», raconte une étudiante. Surtout que la veille, dimanche, 09 juin, le syndicat avait mis en garde tous les contrevenants à cette grève. «La grève du Synes commence le lundi, 10 juin 2013. Tous ceux qui essaient de briser l'esprit Synes seront nommés et identifiés. Allez en classe et vous verrez ce qui vous restera dans la mémoire», mettait en garde le Synes dans un communiqué.
Le mot d'ordre de grève a donc été effectif. Il a été instauré par les enseignants pour s'opposer à la convocation et l'audition de 10 de leurs collègues à la Police en fin de semaine dernière. Des enseignants, soupçonnés de manipuler et d'encourager les étudiants à organiser la grève qui a paralysé l'Université au mois de mai dernier. L'arrestation des étudiants est la suite d'une grève des étudiants qui avait commencé le 15 mai dernier.
Les étudiants, sous la houlette de l'University of Buea students union (Ubsu) revendiquaient la libération de leurs camarades interpellés au cours des récentes grèves. En plus de ces revendications il y avait le refus par l'administration de permettre l'organisation de l'élection du bureau de l'Ubsu ainsi que l'amélioration des conditions de vie des étudiants dans le campus. La Police et le Bir ont été appelés en renfort. Une vingtaine d'étudiants ont été interpellés et placés sous mandat de dépôt à la prison de Buéa. Le procès qui a été ouvert contre eux se déroule actuellement à huis clos.
Insécurité
Les enseignants annoncent 10 jours de grève. Les négociations faites par le Synes national n'ont pas encore abouti. Donc, les cours ne reprendront pas avant le 21 juin prochain. Du coté des étudiants, c'est le désarroi. «Ces grèves à répétitions nous déconcentrent et ne nous permettent pas d'avoir une bonne formation parce que les cours sont sans cesse interrompus. Même dans le campus, on ne se sent plus en sécurité», confie un étudiant sous anonymat. Et, à en croire Dr Carole Kamwé, psychologue, «ces grèves ont de graves conséquences sur les étudiants et enseignants qui se sentent en insécurité. Certains étudiants se disent qu'il faut qu'ils changent d'Université. Pour le parent qui ne vit pas à Buea, il est inquiet quant à la vie de son fils et n'est pas prêt de permettre qu'il poursuive les études dans ces conditions». En plus, les étudiants se disent inquiets quand au respect du programme de cours et d'examen préétablit. Ils ne savent pas non plus s'il faut immédiatement reprendre les cours après une grève, au risque d'être la cible des policiers. «Ce qui fait de l'université de Buéa, une Université peu recommandable», note le Dr. Carole Kamwé.
La récurrence de ces grèves, contrairement aux sept autres universités d'Etat peut s'expliquer.
«L'Université de Buéa a un système anglo-saxon. Son statut est différent des autres universités. Le système anglo-saxon est basé sur la vérité et les revendications. C'est dans leur culture», note M. Nguebo pour expliquer les grèves à répétitions. D'après ce sociologue, le droit à la grève est le plus poussé de par leur Culture. «Le non respect de la loi est un principe sur lequel ils ne transigent pas. L'organisation estudiantine est assez rigoureuse et veille au respect des droits des étudiants. Ce n'est pas comme dans les autres universités où il y a des associations tribales, de nature à diviser les étudiants. A Buea, il n'y a pas de trahison, ni de manipulation des étudiants».
Plusieurs étudiants ont donc ainsi perdu la vie pendant les multiples grèves dans cette Université. Mercredi, 29 novembre 2006; Ufeanei Ivo et Mouma Benet, deux étudiants respectivement en 3ème et 2ème année à la faculté des sciences économiques décèdent sous les balles de l'armée. Au cours de cette manifestation, des dizaines d'étudiants ont été grièvement blessés. Cette fois là, ils avaient engagé une grève pour protester contre une liste «frauduleuse», des 153 candidats autorisés à passer les épreuves orales du concours d'entrée en 1ère année de la filière médecine.

 

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir

 

Votre avis compte

A votre avis, les Mutuelles de santé sont: