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Écrit par Jules Dumas Nguebou   

Lentement mais surement, le train de la société civile est résolument sur les rails. Sa progression sur la voie de son affirmation est irréversible. La société civile encore considérée par les uns comme faible, par d’autre comme très forte, se renforce au fil des années avec les appuis divers des partenaires du Cameroun.

En tête, l’Union Européenne qui finance à coup de centaines de millions d’euros, des projets et programmes de renforcement des capacités d’intervention des organisations de la société civile. Du programme Fourmi I à Fourmi II, en passant par le Pacddu, le Pasoc et maintenant, le Pasc, ce partenaire au développement appuie les initiatives des organisations non-étatiques du secteur associatif.

Ces appuis qui durent depuis plus d’une décennie, ont fait émerger une force de proposition qui produit des observateurs de la vie publique, armés d’outils et de compétences pour marquer leur présence, et veiller à la bonne conduite des affaires publiques. Le Saild, l’Acdic, le RNHC, Assoal, la Plateforme DESC, l’Alliance du Budget Participatif, Dynamique citoyenne, etc. sont entre autres organisations, des Osc qui font la fierté des acteurs non-étatiques, au vue des batailles qu’elles mènent, dans divers secteurs de la vie sociale. Le budget participatif, une expérience importée du Brésil, et que tente depuis plus d’une décennie, de vulgariser l’Ong Assoal, commence à entrer dans les mœurs, l’implication de plus en plus active des organisations de la société civile dans la conduite des affaires publiques est une avancée considérable. Même le régime en place ne mène plus d’actions d’envergure sans consulter la société civile dont les points de vue comptent, en tant que citoyens, mais aussi, en tant qu’organisations porteuses de responsabilité sociales, et représentatives des populations à la base. Les épisodes de la révision des textes fondateurs d’Elections Cameroon, l’organisme chargé de la gestion des élections dans notre pays a été précédée par une vaste consultation des forces vives de la nation, avec en bonne place les acteurs de la société civile. Cette révision avait, en toile de fond, la nécessité d’intégrer au sein du conseil électoral, au moins un acteur de la société civile. Au lendemain de la révision à la hausse des prix des produits pétroliers, le gouvernement s’est trouvé dans l’obligation de rencontrer les organisations syndicales pour discuter des mesures d’accompagnement avec ces organisations qui ont une force de mobilisation extraordinaire auprès des populations.

Les appuis des partenaires au développement ne tombent donc pas à l’eau : Assoal est devenue une organisation incontournable dans le domaine de la gouvernance et de la promotion des droits économiques, sociaux et culturels au Cameroun. Ses offres de formation, ses volontaires, bénévoles, outils, et autres supports de communication ont fini par graver son emprunte dans son champ d’intervention de prédilection. Le travail accompli pendant la première phase du projet Pasc en tant qu’organisation relais en dit long sur sa professionnalisation progressive et son engagement en faveur de la responsabilité sociale.

L’Acdic a gagné des batailles citoyennes face aux lobbies économiques : l’importation des poulets congelés, qui a asphyxié le secteur avicole national a été interdite, après un plaidoyer tenace ; les détournements massifs de fonds au programme maïs ont été révélés à l’opinion par une enquête de cette association. Ces actes de détournement ont été confirmées quelques temps après par la Commission nationale anti-corruption (Conac). La dernière activité d’envergure, répertoriée dans le document de capitalisation des bonnes pratiques d’OSCC en matière de gouvernance publique (document réalisé par le projet Pasc), l’évaluation des ministères qui a présenté un visage hideux des bâtiments abritant nos départements ministériels a fini par affirmer la pertinence des actions de cette Osc. C’est donc un bloc compact, renforcé dans son organisation et sa structuration qui est révélé au sein de l’opinion comme force de proposition et moyen de pression face à des acteurs publics qui s’écartent très souvent de la norme du management public.  

 

Ces avancées en termes d’incidence sur le débat public et même sur les indicateurs de gouvernance ne masquent cependant pas les défis auxquels elle reste confrontée. Entre autres, l’instinct de survie des promoteurs a définitivement eu raison des bonnes idées, et les difficultés de mise place d’un espace et d’une plateforme convergente ont eu raison des discours, incantations, et autres monologues pour le changement. Bref, face à une administration assourdie par sa quête infinie de la promotion personnelle, la société civile a beaux eu raison de prendre la parole, il lui faudra encore parler d’une seule voix, pour dire quelque chose d’audible.  Et ça, ce n’est pas une mince affaire !

Mise à jour le Mercredi, 06 Août 2014 10:34
 

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