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Écrit par Christophe MVONDO   

Qu’est-ce qui bloque ?

 Depuis la mise en place du cadre institutionnel pour du programme national de sécurité alimentaire, celui-ci n’a jamais reçu un financement prévu pour démarrer la moindre. Le Cosader veut comprendre les ressorts d’un tel blocage.

 

Pourquoi un programme élaboré depuis plusieurs années tarde à produire des effets? C’est la principale préoccupation que Collectif des Ong pour la sécurité alimentaire et le développement rural (Cosader) révèle à l’attention des populations bénéficiaires d’une telle initiative, et aux acteurs de l’appareil décisionnel, visiblement grippé sur ce projet précis.

Doté d’une enveloppe financière de 70,79 milliards de francs Cfa, le programme national de sécurité alimentaire (Pnsa) son implémentation, soulignent les responsables du Cosader, entrait en droite ligne de l’atteinte de l’objectif du millénaire pour le développement qui vise à réduire de moitié la malnutrition des couches vulnérables d’ici 2015. Une enquête conduite sur le terrain, avec le soutien du programme d’appui à la société civile (Pasc) a permis de mettre en lumière, les facteurs qui plombent la mise en œuvre du Pnsa. Deux types de problèmes ont été identifiés : un problème d’incohérence institutionnel et un problème de mal gouvernance interne au programme.

Au niveau institutionnel, l’enquête du Cosader révèle un conflit de compétence entre différents départements ministériels concernés. Le Programme national de sécurité alimentaire ne relève pas de la compétence exclusive du ministère de l’agriculture et du développement rural. En tant que programme transversal, sa mise en œuvre impliquait le ministère de l’économie, de la planification et de l’aménagement du territoire, du ministère de la santé, le ministère de la recherche scientifique et de l’innovation, le ministère de l’énergie et de l’eau. Ces départements ministériels ont passé plus de temps à se déchirer sur qui va gérer quel montant du budget. Chaque ministère ne voulait rien lâcher de ses prérogatives. Du coup, aucun pouvoir n’était cédé au programme. Cette situation a causé le blocage institutionnel dans la mise en route des activités prévues dans le programme.

Les actes de mal gouvernance relevés ont trait  à plusieurs formes de détournements des ressources du programme. Extrait du rapport d’enquête du Cosader : « un premier groupe de Gic figurant sur la liste des bénéficiaires des subventions n’avaient tout simplement rien reçu ; un deuxième groupe était composé de Gic fictifs dont l’existence n’était pas avéré ; enfin un troisième groupe de Gic comprenait des organisations à qui l’on a contraint de décharger des sommes largement inférieures aux montants réellement perçus… »

Mais le travail du Cosader sur le terrain n’a pas été un long fleuve tranquille. Les enquêteurs ont dû affronter des obstacles importants avant d’accéder à l’information face à la réticence des sources et à la frilosité des responsables du Pnsa. Avant la fin de l’enquête, il est ressorti que les responsables du programme, mis au courant des révélations de l’enquête, se sont empressés à aller verser les subventions aux Gic déclarés bénéficiaires alors qu’ils n’avaient rien reçu. Pour dire que la transparence peut faire bouger les lignes.

 

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